Monothéisme ou polythéisme - la source psychologique de l'Occident
Article publié le 10/03/2025
Depuis des siècles, savants et philosophes s’interrogent sur le rapport occidental à la vérité. N’en déplaise à Diderot, pour lequel « l’homme sage est un composé de molécules folles », il semblerait qu’il y ait peu de hasard dans la constitution de l’Histoire et des leçons que l’on puisse en tirer.
Les faits obéissent à diverses strates de lois, lesquelles obéissent à une logique générique plus profonde.
Celle-ci se confond avec la figure du Dieu unique, selon l’enseignement bimillénaire du courant judéo-chrétien, au Moyen-Orient et en Europe notamment. Cette conception métaculturelle implique d’innombrables retombées psychologiques à l’échelle des peuples considérés. Le rapport à la vérité, notamment : celle-ci étant considérée comme unique, l’idée du faux est elle-même très prégnante. Les catégories du bien et du mal ont souvent été mêlées à celles du vrai et du faux.
Beaucoup postulent aujourd’hui que le polythéisme pourrait constituer une option culturelle intéressante pour l’élévation des esprits, et plus largement l’idée de tolérance. C’est raisonner un peu rapidement, cependant, si l’on considère la réalité psychologique difficile des sociétés qui ont adopté le polythéisme.
Au fond, quels arguments permettent de préférer le monothéisme au polythéisme ? En guise d’élément de réponse, voici ci-dessous un petit extrait du livre « Raisons de Dieu, preuves de l'Eglise : Encyclopédie apologétique », sorti en 2024 :
Pourquoi le monothéisme ?
Pour un certain nombre de raisons précises, dont voici quelques éléments :
-Le nombre ne peut s’appliquer qu’à des êtres en qui l’on distingue essence et existence.
-Le polythéisme, ce sont des dieux en guerre, ou du moins qui s’opposent : si l’on schématise, le polythéisme désolidarise Dieu de l’idée de paix.
-Chacun conçoit que plus une chose est rare, unique, plus elle est précieuse ; Dieu est l’unique.
-Dieu ne peut être qu’un, car on ne peut multiplier le maximum. La perfection n’est pas divisible en plusieurs "dieux" qui seraient dès lors, considérés isolément, imparfaits et donc hors de cette propriété divine qu’est la perfection.
Positions théoriques
« Ainsi, dans la plupart des religions polythéistes, le non-historique prédomine » (Paul Tillich, théologien protestant allemand, Théologie systématique, III, 2006)
« Le monothéisme pur est inadmissible, c’est la forme suprême de l’idolâtrie » (Nicolas Berdiaev, philosophe chrétien russe, Essai d’autobiographie spirituelle, 1949)
« Il ne faut pas multiplier les entités sauf nécessité » (Guillaume d'Occam, théologien franciscain médiéval, Oeuvre)
(Extrait de Raisons de Dieu, preuves de l'Eglise: encyclopédie apologétique)
Pierre-André Bizien